
Dans ce premier quart du XXIe siècle, habiter fait problème, aux deux sens du terme : habiter tout court, autant qu’habiter quelque part. C’est l’histoire de Max et Norma, qui comme d’autres du littoral ont dû abandonner leur habitation au bord de l’eau. Il·elles ont fondé une agence immobilière d’un nouveau genre : Il·elles sont devenu·es agent·es d’habitations imaginaires générées par des IA, et leurs écrans sont les plus intimes des machines à habiter. Les images génèrées suffisent-elles à réaliser les rêves d’habiter ? Peut-on trouver son propre espace dans un espace latent ?
Gwenola Wagon est artiste et chercheuse. Elle enseigne à l’École des Arts de la Sorbonne à l’Université Paris 1. À travers des installations, des films et des livres, elle imagine des récits alternatifs et paradoxaux pour penser le monde numérique contemporain. Elle enquête dans l’espace de l’hyperinformation et des infrastructures d’Internet en collaboration avec l’artiste Stéphane Degoutin avec qui elle co-réalise de nombreuses pièces, dont Cyborgs dans la brume et World Brain, le livre Psychanalyse de l’aéroport international. Après Erewhon et Virusland 2020, deux fables post-cybernétiques, elle co-réalise avec le philosophe Pierre Cassou-Noguès le film Anarchives du feu et le livre Images Pyromanes Théorie-diction des IA génératives qui sera publié prochainement aux éditions UV, et dans lequel on trouve l’histoire de Max et Norma.
L’Institut d’études avancées de Nantes accueille chaque année une vingtaine de chercheur·ses en sciences humaines et sociales venu·es de tous les horizons, en particulier des pays des Suds, afin de penser le monde autrement. Cette année, les rencontres élaborées par l’IEA, Nantes Université et le Lieu Unique ont pour thème : « Changer nos récits, explorer d’autres imaginaires pour un futur souhaitable ».
