Dans cette pièce, les comédiens Emmanuelle Lafon et Manuel Vallade rejouent des discussions enregistrées entre Émilie Rousset et le linguiste Pierre Pica. Ils évoquent le système mathématique approximatif des Munduruku, tout en remettant en question avec humour la construction de l’esprit humain.
Les Munduruku, habitants de la forêt amazonienne, n’ont pas de mots pour compter au-delà de 5 ; ils utilisent ensuite des estimations. Pierre Pica, ancien élève et collaborateur du linguiste américain Noam Chomsky, a fait de cette tribu son sujet d’étude, et échange depuis 2015 sur ses recherches avec Émilie Rousset. Mais, si leurs discussions sont la matière première de cette pièce, celle-ci n’en est pas pour autant documentaire. Avec pour décor des œuvres de Célia Gondol, dans lesquelles des plantes pointent le bout de leurs feuilles, la mise en scène laisse se glisser un décalage entre les enregistrements et leur représentation, pour permettre à la fois l’analyse et le jeu, mais aussi pousser le spectateur à s’interroger : ce monde approximatif, que l’on croit à l’opposé du nôtre, nous est-il si étranger ? _
En coréalisation avec le TU–Nantes, scène jeune création et émergence | dans le cadre de Soyouz, programme d’actions pour la jeune création théâtrale
Conception, mise en scène Émilie Rousset
Avec Emmanuelle Lafon et Manuel Vallade
Musique Christian Zanési
Collaboration artistique Élise Simonet
Lumières Florian Leduc
Son Romain Vuillet
Scénographie Florian Leduc & Émilie Rousset, avec l’utilisation des œuvres Temporary Overlap et Expansion Not Explosion de Célia Gondol
Production John Corporation
Avec le soutien de la Fondation d’entreprise Hermès
Coproduction Le Phénix, scène nationale (Valenciennes) / Festival d’Automne à Paris / la DRAC Île-de-France